jan 14 2013

Egalité pour tous

Catégorie : Humeur

C’était un dîner mondain comme j’aime les éviter. Avec des gens comme j’aime les éviter, oscillant entre gauche caviar et droite assumée en fonction des sujets et de leurs consensualités. Y assistaient une célèbre porte parole d’un désormais célèbre mouvement, son mari, un député ni de gauche ni de droite, un animateur du petit écran, un lobbyiste, un assistant parlementaire et deux autres personnes que je ne connaissais pas.
On y parlait de sujets sans grand intérêt qui me passionnaient comme le PIB de la Corée du Nord passionne Liliane Bettencourt après ses speculoos du quatre heures. On y débattait de taxes, de TVA et de divers trucs qui semblaient intéresser les convives, quand soudain (et j’utilise le mot soudain pour démontrer la soudaine soudaineté de la situation) une personne que je ne nommerai pas pour éviter qu’elle se reconnaisse encore plus me dit : “Bah tiens Benjamin, toi qui est… enfin tu vois quoi, qu’est ce que tu penses du mariage pour les… enfin tu vois ?”.
Les yeux attablés se tournent vers moi, celui qui est… vous voyez. L’excentrique hôtesse vomit en guise de préambule à ma réponse : “Mais Benjamin ça compte pas puisqu’il est directement concerné”.
Voila que parce que j’étais présumé homosexuel dans cette réunion étrange, mon avis sur le sujet valait moins qu’un autre, alors qu’elle, présumée conne, débitait des conneries que tout le monde aurait du avaler.
C’était un moment gênant.

C’est en me remémorant ce dîner, que je ne peux plus oublier à cause de l’ultra présence médiatique actuelle de son organisatrice, que je me suis rappelé à quel point j’avais été mis mal à l’aise sans, je crois, ne l’avoir jamais montré. Personne autour de cette tablée n’avait pu imaginer un instant que cette discrimination ordinaire avait pu me choquer ou me déranger.

C’est aussi l’affreux constat que je me suis fait en discutant avec quelques ami(e)s qui eux sont loin d’être ouvertement homosexuels. A force de débats et de manifestations, le mariage pour tous est devenu une affaire uniquement politique mêlant règlements de comptes et guerres de personnes le tout à base de propos qui, extraits d’un contexte souvent difficile à cerner, sont durs. Parfois violents.

A force de parler de loi, d’adoption, de PMA, d’amendements et autres termes barbares, les débats, on oublie que cachés derrière les gros mots, il a des gens. Des personnes. Des vrais. Qui existent. Et ces gens là souffrent. Beaucoup. J’en ai entendu un pleurer au téléphone en regardant des gens défiler devant sa télévision. J’en ai vu déprimer, être touchés, blessés de voir l’homophobie et plus généralement la discrimination devenue une valeur tolérée dans les médias à large audience.

Derrière ces longs débats qui, finalement, passionnent de moins en moins de gens, se cachent au fond des chambres françaises des homosexuels jeunes ou moins jeunes qui parfois ont du mal à s’accepter comme ils sont et qui ressentent chaque manifestation comme une énorme tempête à l’intérieur d’eux. Malgré tous les arguments de ci et de là, il ressort de ces manifestations, que l’homosexualité est clairement traitée comme étant inférieure à l’hétérosexualité et qu’en 2013 il faut encore se faire entendre pour avoir des droits. Et qu’en 2013 il y a encore des gens pour se faire entendre pour que certaines n’aient pas de droits.

Je ne me battrai jamais pour le droit des homosexuels. Ni pour une cause plus qu’une autre. Je suis convaincu que la liberté est la valeur la plus importante de notre société. Et je me battrai pour. La liberté de penser, d’entreprendre, de faire, de croire, d’aimer, de donner, de refuser, de circuler… Mais je crois aussi à l’égalité. Et je me battrai pour. Pas celles des êtres entre eux parce que la nature le leur a refuser. Celle devant la loi, parce que c’est elle qui soude notre société. Chaque discrimination, chaque inégalité, est un coup à notre pays qui a pourtant su imposer ces valeurs à travers le monde, connu pour être celui des Droits de l’Homme.

L’année 2013 sera sans doute marquée par nombre de manifestations, de dérapages et de propos dont on se passerait bien. J’espère que le pays en sortira grandit. Mais ce que j’espère avant tout c’est que la débat soit aussi humanisé qu’il est actuellement passionné.

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août 11 2012

Mes adieux à Nicolas Delesalle

Catégorie : Humeur

Je ne lis pas Télérama. Jamais.

Rien que le mot me rebute. Il commence par télé-, la petite boite sous culturelle remplaçant au fil des années les belles peintures sur les murs des salons.
Il finit par -rama. Pas tellement que l’ex ministre des causes perdues m’agace, mais dans ce -rama, il y a l’idée du panorama, cette espèce d’obsession de vouloir tout couvrir, parler de tout. Comme si c’était nécessaire.

Je respecte. Enfin j’essaye. Le fait d’avoir un avis sur tout ne me dérange pas. Le fait de le vendre me fait sourire. Le fait d’en faire une universalité me répugne.

Et c’est aujourd’hui, alors que je ne faisais absolument rien, que je suis tombé sur l’apogée paroxysmique de l’onanisme journalisco-culturelle. Une information absolument CRUCIALE tombe sous mes yeux : Nicolas Delesalle quitte Twitter et dit adieu à ses 6.500 followers. Sur le site de son employeur.

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mar 01 2012

Condamnons ensemble

Catégorie : Humeur, Politique

Pas plus tard que y’a pas si longtemps, je lisais sur mon fil AFK (Agence Fake Press, comprenez Twitter) qu’une journaliste noire et son mari rose qui la monte et laboure s’était fait insulter dans Paris au nom d’un parti politique de droite extrême. Information immédiatement reprise dans divers médias dont celui pour lequel travaille la journaliste sus non nommée, conflit d’intérêt oblige. On est en 2012 je vous le rappelle.

Ainsi, dans une énième intervention la grande prêtresse du poste demandait à la chef de la tribu de droite extrême dont le nom avait été cité pendant les injures (encore une femme, la parité n’est plus tellement respectée) de condamner l’incident pour lequel elle a porté plainte avec son compagnon. La chef de tribu, que je ne nommerai pas pour ne pas faire de pub aux marques de stylos, lui répondit par ondes modulées interposées qu’elle condamnerait cet acte si la prêtresse condamnait le fait qu’elle n’aie pas pu vomir ses propagandes dans je ne sais quel camp d’études à branleurs.
Ainsi donc décide-je (prononcez le tout haut) moi aussi de faire porter la responsabilités des conneries que je dis et écris au quotidien aux autres, afin de limiter les retombées sur moi, et surtout, ne le cachons pas, de foutre un peu le bordel.

Monsieur Hollande, votre nom prouve que vous êtes un traitre et une ordure qui pue comme un fromage de chez vous. La France Forte vaincra.
Madame Joly, vous êtes une pute même pas slave. La France présidente !
Monsieur Sarkozy vous n’êtes qu’un résidu de capote trouée difforme et petit. Le changement c’est maintenant !

Je vois d’ici les condamnations de Guéant demandant à Belkacem de condamner en échange les propos de Bayrou qui avait dit la veille vouloir condamner Hollande à la condition qu’il condamne Balkany et Emmanuelli qui n’ont pourtant besoin de personne d’autres qu’eux mêmes pour être condamnés.

Le lendemain de cette affaire qui n’intéresse que les intéressés (je pléonasme si je veux (et je néologise si je veux également)), Kader, qui comme son nom l’indique est un peu arabe sur les bords de la Méditerrannée, a été transporté dans un état grave au CHU de Dijon alors qu’il sortait d’un kebab de Saulieu. Un homme l’aurait violement agressé en hurlant « j’aime pas les arabes ». L’information n’a été reprise nulle part. La victime a perdu un oeil. Et la politique sa crédibilité.

Initialement publié sur Megaconnard.com

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fév 17 2012

Article pas sponso du tout

Catégorie : Article sponsorisé, Humeur

Ce matin, alors que je me réveillais et que je tweetais des conneries, voila pas que je reçois un e-mail disant que “mon” site avait retiendu l’attention de quelqu’un. Moi. Moi qui ai du mal à retiendre le code de mon immeuble. L’e-mail me proposait de parler de taxiresto.fr en échange d’un bon Amazon. Un article sponsorisé ! Voilà qu’on me propose à moi, d’écrire un article sponsorisé, comme les autres, comme si j’étais Presse Orange. Mais bon, les cadeaux des soirées de marques étant particulièrement pourris en ce moment (je suis sorti hier de la soirée Orange/Skip the use avec un stylo Visual TV et des lingettes pour lunettes brandées Orange) je me suis dit que c’était une super occasion de refaire mon stock de cadeaux d’anniversaires.

Pour se faire, on me demande de présenter l’activité de TaxiResto.fr, de glisser (toutes sortes de spécialités) discrètement (TaxiResto) 3 liens (à Paris, Marseille et d’autres villes en France) et de ne pas paraitre trop pornotionnel le tout en 300/400 mots. Alors c’est parti.

TaxiResto.fr est un site cool (mais pas trop) qui permet de commander de la bouffe et qu’on te la ramène sans que tu te ramènes. La meuf de l’accueil a l’air plutôt bonne et elle file son 01 sur la homepage, ce qui donne envie. Tout ça peut être livré dans les arrondissements 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ,13 ,14 ,15 ,16 ,17 ,18, 19 et 20 de Paris (ça semble important vu que y’a une page par numéro) et aussi dans plein de villes mais j’vais pas toutes les citer parce que c’est de l’autre côté du periph’.

Vu que je dépasse les 300 mots à l’instant et que je compte pas en faire plus que 400, j’espère qui t’iras faire un tour et que j’aurais mon cadeau. Parce que merde, j’ai quand même fait un bel article.

Sans transition, mais c’est pour la “minute savoir” au cas où tu tombes dessus au Trivial Pursuit. Le fait de glisser un message publicitaire dans un article sans le préciser est réprimandé par L.121-1 du Code de la consommation et confirmé pour le web par l’article 20 et la LCEN.

400 mots. Pile.
Initialement publié sur Megaconnard

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