Samedi 4 octobre, 21H30. Déjà presque 5 heures que je subis les foudres d’un conglomérat d’imbéciles malheureux soutenus dans leurs délires lyriques par une ribambelle de singes pas savants qui insultent et huent les artistes qui défilent. Enfin, mieux vaut ça plutôt qu’ils s’en prennent aux photographes. La suite prouva que ce n’était pas incompatible.
Dans Urban Peace 2, il y a “urban” comme “urbain”. Ca veut dire “qui vient de la rue”, comme ces centaines de gens compressées devant le crash-barrière. Il y a aussi “peace” qui comme son nom ne l’indique pas ne désigne pas l’urine - qui pourrait aisément qualifier la musicalité de la quasi-totalité des artistes présents - mais la paix. Et puis finalement, il y a “2″ comme le nombre de neurones fonctionnels du rappeur du 9-2, ex-Lunatic, Booba.
Dans un décor à la Stargate, le rappeur trentenaire marche lentement vers l’avant scène devant une public de près de 50.000 personnes. “Booba nique ta mère” hurle une centaine de jeunes en face de l’avancée. L’ambiance est électrique depuis le début du concert et s’accentue lorsque l’auteur de Ouest Side s’arrête brusquement au milieu de son nouveau single, Illégal, et demande à son DJ de stopper la musique. “Vous voulez une bouteille de Jack [Daniel] dans la tête ou quoi ?“. Les insultes et des dizaines de projectiles fusent sur la scène : bouteilles, appareils photos - volés, casquettes - taxées, téléphones chourrés… Le rappeur dont le blase est inspiré d’un chanson de Chantal Goya exécute sa menace : la bouteille éclate au premier rang. Non content, le méchant garçon crache dans le public - le tout relayé par des écrans géants - sous les sifflets indignés du Stade de France. Une dizaine de personnes arrivent derrière le rappeur armés eux-aussi de bouteilles d’alcool, de ceintures … Les projectiles continuent de voler face aux provocations des amis du 9-2. Les casques bleus du Stade de France sont entièrement débordés, devant gérer à la fois la hargne violente des jeunes clichés de banlieue et l’intelligence créative et débordante de la bande à Booba qui a mystérieusement disparu dans la bataille. Un micro HF vole à travers la scène, un retour tombe dans la fosse … C’est une véritable vendetta qui se déroule devant 50.000 personnes. Plusieurs dizaines de personnes sautent les crashs-barrières. L’affrontement est évité de justesse grâce à la hauteur de la scène inversement proportionnelle à celle des esprits et à l’intervention des vigiles.
Dans les backstages, l’ambiance est tout aussi violente. A peines repoussés hors scène, Booba et ses babanes ne sont guère calmés. Ils s’en prennent à plusieurs vigiles et tentent de casser l’arrière scène. Alors que la tension ne retombe pas devant la scène désormais vide, une violente bagarre éclate en coulisses entre le rappeur bouffon et son confrère du 9-4, Rohff. Pendant près d’une demi-heure, la scène du Stade de France sera désespérément vide. Et ce ne sont ni les breakeurs ni les joueurs de foot freestyle qui contenteront le public, public furax qui commence inéluctablement à déserter le stade.
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T’es toujours sur les bons coups toi !!
Posté par StepByMe le 5 octobre 2008 à 23:55