fév 10 2009
It don’t matter if you’re black or white
Un ami avec qui je dinais ce soir me faisait remarquer, avec la même régularité qu’il m’aurait annoncé les périodes d’indisposition de sa mère, que les Islandais avait élu en tant que premier ministre Johanna Sigurdardottir, une “lesbos” comme il dit. Premièrement, ne dit pas “lesbos” mais “broute minous” et secondement, ce n’est pas la peuple qui élit le premier ministre Islandais mais le président qui a trouvé la l’occasion de faire parler un peu de lui à travers le monde à moindre cout puisqu’il s’agit uniquement une vacation en attendant les très prochaines élections législatives. Plutôt concentré à déguster mes makis de chez Asian, je rétorque que c’est plutôt bien. Je lis soudainement dans ces yeux une once d’émerveillement qui me remercier : « aah, c’est grâce à des raisonnements comme le tiens qu’on aboutit à des progrès sociaux comme l’élection d’un noir comme président des Etats-Unis ». Alors là non ! Autant je veux bien qu’on me rende responsable de l’accession au second tour de l’élection présidentielle de Ségogol -parcequ’après tout, les cons représentant une part non négligeable de la population ils ont le droit à être représentés-, mais de là à me mettre sur le dos l’élection d’Obama, je proteste vigoureusement !
En effet, le fait de voir 83% de la population française se réjouir de l’élection de Barak Obama alors que 92% de ces mêmes probamistes considère que l’élection d’Obama est une réussite parce qu’il est noir c’est bien entendu tout sauf du progrès social. Parce que dans les années 20 en France nous avions déjà notre noir à nous qui faisait de la politique, Félix Eboué, sans parler de nos footballeurs rarement moins bronzés qu’un parisien au mois d’aout, auxquels viennent s’ajouter nos sportifs naturalisés, notre Harry Roselmack propre sur lui. Oui, parce que nos noirs sont français, contrairement à Obama qui est à la fois noir ET étranger. Moi les gens comme ça, j’te les renvoie dans leur pays ! D’autant que dans leur pays, ça fait longtemps que leurs noirs et leurs arabes sont présidents !
Mais pourquoi donc nous gonfle-t-il le bulbe rachidien avec des propos tantôt populistes tantôt lepenodieudoniste, vous dites-vous ? Tout simplement parce que réellement, je pense que le fait de s’émerveiller de voir un pédé (ou pire, une femme) premier ministre (ou ministre chez nous) et un noir (ou pire, un arabe) président n’est pas une d’avancée sociale mais est au contraire la preuve flagrante d’une immaturité d’une couche de la population pour qui le fait d’être noir ou homosexuel rends différent au point qu’on se doit de le faire remarquer. S’étonne-t-on aujourd’hui d’avoir des députés ou des ministres protestants ? Il y a 500 ans, ca n’aurait même pas été possible, pas plus qu’un député homosexuel, ni même un député femelle. Aujourd’hui, l’espèce « femme député » n’est plus montré du doigt comme un objet de foire (ou comme un président occidental noir) car il est désormais socialement admis qu’on peut-être femme et faire de la politique, alors qu’être noir et obtenir un poste à responsabilité (qu’il soit président de la république, présentateur du JT de 20H ou préfet pour citer des exemples récent) est encore de l’ordre de l’évènement national tellement ces nominations ne sont le fait de quelques populistes qui veulent se donner bonnes consciences.
Néanmoins, malgré mes insinuations parfois douteuses, le monde évolue et les différents peuvent non seulement voter mais être élus. Reste que comme disait l’autre y’en a qui sont « noirs, petits et moches, et pour eux ça sera très dur ».

