mai 15 2008
Papa maman
Les employés sans-papiers des restaurants Papa sont toujours en grève. Ils risquent de rentrer chez leurs mères.
mai 15 2008
Les employés sans-papiers des restaurants Papa sont toujours en grève. Ils risquent de rentrer chez leurs mères.
mai 09 2008
A moins de vivre sur Mars, en Somalie ou en 1967, tout le monde sait qu’on commémore ce mois ci les 40 ans des « évènements » de mai 68. Ah. Mai 68, ce drame romanesque digne d’un coït entre Marguerite Yourcenar et Pierre Desproges bourrés, symbole de la rupture anti autoritaire de la gauche profonde. On a tout dit de mai 68. Que c’était une révolte villageoise, un mouvement prosaïque, une révolution culturelle… C’était avant tout un gros bordel médiatique orchestré par des syndicats qui montaient seulement en puissance c’est-à-dire l’inverse de ce que voulaient les étudiants et les ouvriers, les deux principaux acteurs de la mouvance. Mais que reste t’il de cette opération anti-iste enterrée par les plus jeunes et fièrement portée par les baby boomers ? Peut-on qualifier d’héritage soixante-huitard le refus d’autorité envers les curés, les patrons, les présidents, les profs et les parents ?
Certes, mai 68 a marqué son temps principalement par l’effondrement du pouvoir en place qui amènera De Gaulle à dissoudre l’Assemblée Nationale et Mitterrand a tenté de récupérer le pouvoir lors du départ du général. Mais Sarkozy n’est pas De Gaulle. Il a prouvé à maintes reprises pendant un an qu’il ne prendrait pas exemple sur ces prédécesseurs et qu’il ne plierait pas aux actions sauvages de la rue. Au plus fort des manifestations, on compte moins d’un million de personnes dans les rues, et il convient de noter que 60 millions de français sont restés chez eux.
Pourquoi parle-t-on encore aujourd’hui de mai 68 ? Surement le mythe de cette révolution improbable qui a permit de faire vaciller le pouvoir. Probablement également est-ce les derniers rescapés soixante-huitard encore syndiqués qui arborent leurs idéaux dans la rue, soutenue par une jeunesse aveuglée de démagogie. Car sait-on encore pourquoi on va dans la rue ? Fait-on encore la différence entre le 1er mai, le 8 mai et le lundi de Pentecôte ? Que veulent réellement les petites cervelles néo-guevaristes estudiantines qui arpentent les rues deux fois par semaine comme on va à un cours de tennis ? Que peuvent bien avoir en commun ces nanard arnar’ qui arrêtent les grèves les vacances, les week-ends et les jours fériés –et stoppent les blocages à 17H30- avec la masse populaire solidaire qui a crocher-piéter le Général de Gaulle ? A l’évidence pas grand-chose pour ne pas dire rien. Mais c’est une tradition, les lycéens comme les étudiants doivent descendre dans la rue dans les beaux jours reviennent, histoire de laisser éclore les bourgeons de l’amour et de l’acnée dans les rues de France en attendant inexorablement la fin de l’année scolaire.
mar 20 2008
Certains sujets font par leur thème que le consensus est inatteignable. C’est comme ça que l’éducation civique se forge dans les collèges et les lycées. On y parle dépénalisation de cannabis, avortement, parité, racisme ou encore d’euthanasie. On retrouve alors toujours le même schéma de débat : les pours et les contres. A un moment du débat, systématiquement, un intervenant va se livrer. A travers « l’expérience » qu’il va raconter –vécue directement ou indirectement- il va faire pencher la balance des indécis de son côté.
L’illustration exacte de cette attitude à grand échelle c’est l’affaire Chantal Sébire. A 52 ans, cette ancienne institutrice est atteinte depuis quelques années d’une tumeur incurable qui la défigure et qui, selon ses dires, la fait terriblement souffrir. L’affaire a fait grand bruit lorsque Marie Humbert, qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir, avait apporté mon soutien médiatique à Chantal Sébire qui demandait le droit de « mourir dans la dignité ». En parallèle de sa demande à la justice qu’elle sait compromise, le gouvernement est saisi à plusieurs reprises. Certains se disent plutôt favorables, d’autres comme Rachida Dati affirment que « la loi, c’est la loi ». La garde de sceaux est elle un monstre ? Le président de la République lui-même est il sans cœur ?
La question reflète un état d’esprit populaire en vogue à l’heure du numérique et de l’ADSL : l’immédiatement. Il est impossible de changer la loi pour une personne, qui plus est dans un contexte comme celui-ci. Le débat est lancé. Certes. Peut-être faudrait-il comme le demande martin Hirsh créer une commission des cas particuliers. Autoriser Chantal Sébire à mourir aurait impliqué un certain nombre de conséquences qui n’ont pas été mesurées par l’opinion en charger d’humidifier son mouchoir devant TF1 : l’aider à mourir c’st enfreindre la loi. Comment peut-on demander à un politique, donc un représentant de l’autorité de la République de commander une effraction volontaire de la loi. C’est la porte ouverte à une jurisprudence universelle. La seconde qui est également non négligeable est la question de l’encadrement. Chantal Sébire semble totalement lucide sur M6 et dans Aujourd’hui en France. Mais combien de Chantal Sébire demandent chaque année à mourir ? Et combien le veulent ? L’association « Mourir dans la dignité » donne des chiffres qui répondent partiellement. Pour 7000 euros, elle permet d’accomplir toutes les démarches pour mourir. On peut alors choisir sa date de mort ou bien repartir avec le produit. Toutes les personnes qui choisissent leur date (environ 20%) décident de mourir. Pour les autres, seulement une sur dix décidera finalement de mourir. Comment alors mesurer le choix ? La question est trop lourde pour n’être débattue que par un homme politique sur la base d’un cas unique. Chantal Sébire n’est pas la représentation de la majorité des gens qui souffrent. Chantal Sébire n’est pas la France. Chantal Sébire est une malade, comme beaucoup le sont. Chantal Sébire n’a pas l’exclusivité des souffrances du monde.
Une seconde part de l’affaire Sébire peut également choquer : l’émotion. Les réactions des masses bêlantes aux reportages de TF1 n’est qu’émotive. Emotive parce qu’on se rappelle sa mère, son frère, sa voisine, parce qu’on imagine sa tante, parce qu’on se dit que ça pourrait être nous. Mais n’est pas là le rôle des élus, des parlementaires et des commissions qu’ils créent de décider si une loi doit-être changer ? Peut-on se permettre de changer une loi parce que l’on nous montre un drame. La vision émotive des faites est presque acquise. De plus en plus de faits divers comme de faits d’actualités sont relatés par la voix de l’émotivité ou sont instrumentalisés de sorte à provoquer l’émotion chez les récepteurs : on met des enfants en tête des cortèges de manifestants, on met des « mal logés » sur le trottoir, on montre des larmes, on fait une grève de la fin. La loi c’est ce qui reste dans l’Histoire. Et l’Histoire ne se fait pas dans l’urgence. Elle se construit dans le débat.